Discours de Daniel BACQUELAINE,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour votre présence ce dimanche matin devant le monument dédié à la mémoire de nos combattants en Corée.
Le Colonel Jacques-Houssa, Commandant militaire de la Province de Liège, accompagné du Caporal de Corps, le 1er Caporal-chef Hendrick Bernard, nous font l’honneur de leur présence ce matin.
Je tiens également à saluer particulièrement la présence toujours fidèle de Monsieur Christian Corbeel, Président de la FNC Chaudfontaine, accompagné de plusieurs de ses membres, ainsi que l’amicale nationale Para commando et la régionale de Liège, représentée par Monsieur André Gotti, lui aussi accompagné de plusieurs membres. Madame Brenda Kraus, fille de l’un des Volontaires en Corée en 1951 et 1952 et Calidifontaine de cœur, puis qu’elle habita un temps notre belle commune.
Des Membres du Collège, du Conseil et du Conseil de l’Action sociale nous font aussi le plaisir de leur présence aujourd’hui.
Et vous les jeunes que je salue tout particulièrement ; (si présents)
Mes Chers Amis,
Ce matin, comme chaque année à présent, nous sommes réunis ici à Chaudfontaine pour honorer la mémoire de nos soldats volontaires qui se sont battus voici ¾ de siècle contre l’expansion communiste de Staline et de Mao dans la péninsule coréenne.
En juin 1950, l’Histoire a basculé du bon côté. Dans le cadre d’une résolution de l’ONU votée en l’absence du représentant soviétique qui en boycottait les réunions sur ordre de Moscou, la Belgique, aux côtés de nombreux autres pays, a mobilisé un Bataillon d’engagés volontaires pour aller combattre à 25.000 km de chez nous les assaillants Nord-Coréens et Chinois qui voulaient s’emparer de la péninsule coréenne et renforcer la domination communiste dans cette région stratégique du monde. Nos soldats ont empêché cela.
C’est à leur mémoire que le monument devant lequel nous nous trouvons a été érigé.
Ils ont été exposés au feu de l’ennemi à de nombreuses reprises. Ils se sont battus héroïquement, souvent en infériorité numérique.
Leur bravoure, notamment lors de la bataille de la rivière Imjin, en avril 1951, leur vaudra de recevoir « l’U.S. Presidential Unit Citation » par le Président des Etats-Unis, Harry Truman.
Au total, sur l’ensemble des théâtres des opérations militaires sur lesquels ils seront engagés, 101 Belges ainsi que 2 Luxembourgeois et 9 Sud-Coréens incorporés au bataillon belge perdront la vie et 478 seront blessés à des degrés divers.
Le courage de tous et le sacrifice de certain de ces hommes ont permis de repousser les assaillants communistes au-delà du 38ème parallèle, là d’où ils étaient venus. Le monde a ainsi échappé à une troisième guerre mondiale.
Cet épisode de l’Histoire que constitue la guerre de Corée résonne singulièrement avec l’actualité la plus brûlante.
Depuis trois quarts de siècle, une épouvantable dictature familiale communiste se perpétue au pouvoir en Corée du Nord. Kim Jong Un, successeur sanguinaire de ses père et grand-père se maintient à la tête d’un pays dévasté par des famines endémiques et dont la survie ne tient qu’au soutien stratégique de la Chine communiste et de la Russie de Vladimir Poutine qui y gagne un appui militaire en matériels et en troupes dans sa guerre expansionniste en Ukraine.
Le risque serait de considérer que les éructations de Kim Jong Un ne sont que les expressions théâtrales d’un bouffon d’opérette. C’est un fou dangereux. Il faut toujours se méfier des fous dangereux. Ils sont capables de tout et de n’importe quoi, surtout dans le contexte actuel où les conflits à travers le monde et les tensions internationales replacent la Corée du Nord et tous les états voyous sur la carte des dangers majeurs.
Le Président Trump serait bien avisé de ne pas répéter ses erreurs accumulées lors de son 1er mandat.
L’Histoire nous a appris qu’il est vain d’espérer changer un dictateur en un dirigeant éclairé respectant les accords qu’il signe. En 1938, le Premier Ministre britannique, Nevil Chamberlain et le Président français, Edouard Daladier, l’ont cru en se rendant à Munich pour négocier la paix avec Adolf Hitler. Ils voulaient éviter la guerre, fusse au prix du déshonneur. Ils ont eu la guerre ET le déshonneur.
Cet épisode de l’Histoire que constitue la guerre de Corée résonne singulièrement avec l’actualité la plus brûlante.
Alors que nous allons célébrer dans quelques jours le 80ème anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, nous devons conserver à l’esprit que la paix n’est jamais acquise. Elle doit être toujours défendue. L’impérialisme russe d’aujourd’hui n’a rien à envier au totalitarisme soviétique et chinois d’hier.
L’arrivée de la nouvelle administration Trump aux Etats-Unis et sa volonté de reconsidérer ses priorités stratégiques et commerciales avec ses alliés historiques nous fait urgemment comprendre que l’Europe doit prendre son destin et singulièrement sa défense en main.
La paix en Europe sera à ce prix. Sachons ne jamais l’oublier en honorant comme aujourd’hui ceux qui ont sacrifié leur vie pour que nous puissions vivre libres.
Ces fleurs que nous déposons devant cette stèle sont la reconnaissance de tout ce que nous leur devons.
Merci à eux d’avoir tant donné. Merci à vous de vous en souvenir.
En période de paix, n’oublions jamais le péril !